dimanche 27 décembre 2015

Bonne Nouvelle entre dans sa 38e année…



Avec le numéro 225, le premier de l’année 2016, Bonne Nouvelle entre dans sa 38e année d’existence. Une revue toujours jeune, qui souhaite à tous ses lecteurs une sainte et heureuse année 2016.

Voici le sommaire de ce numéro:

Familles, je vous aime, une analyse des suites du synode sur la famille, par Benoît Fons
J’ai brûlé ma valise…, interview du P. Frans Desmet, missionnaire en Corée depuis 25 ans
Visage de la miséricorde, une méditation de Philippe Berrached sur l’évangile de la femme adultère
Clair-obscur, le billet du fr. André
Jésus, icône du Père, la rubrique «au fil de la liturgie», par Laurent Bodart
Faire voir l’invisible, interview de Vincent Drisch, jeune réalisateur en audio-visuel, qui travaille à l’annonce de l’Evangile
Vérité et miséricorde, un livre du cardinal Cottier et de Jean-Miguel Garrigues, lu pour vous
Le Ciel sur la terre, Albert Franck rend grâce pour les merveilles du Seigneur dans son ministère de guérison
La porte de la miséricorde, le billet du fr. Marc
Quelques livres
Calendrier

Bonne lecture! Et puis, songez à vous réabonner… ou à vous abonner si vous ne l’êtes pas encore.


vendredi 25 décembre 2015

Joyeux Noël




Chaque poutre du toit était comme un vousseau.
Et ce sang qui devait un jour sur le Calvaire
Tomber comme une ardente et tragique rosée
N'était dans cette heureuse et paisible misère
Qu'un filet transparent sous la lèvre rosée.

Sous le regard de l'âne et le regard du bœuf
Cet enfant reposait dans la pure lumière.
Et dans le jour doré de la vieille chaumière
S'éclairait son regard incroyablement neuf.

Et ces laborieux et ces deux gros fidèles
Possédaient cet enfant que nous n'avons pas eu.
Et ces industrieux et ces deux haridelles
Gardaient ce fils de Dieu que nous avons vendu.

Et les pauvres moutons eussent donné leur laine
Avant que nous n'eussions donné notre tunique.
Et ces deux gros pandours donnaient vraiment leur peine.
Et nous qu'avons-nous mis aux pieds du fils unique ?

Ainsi l'enfant dormait sous ce double museau,
Comme un prince du sang gardé par des nourrices.
Et ces amusements et ses jeunes caprices
Reposaient dans le creux de ce pauvre berceau.

L'âne ne savait pas par quel chemin de palmes
Un jour il porterait jusqu'en Jérusalem
Dans la foule à genoux et dans les matins calmes
L'enfant alors éclos aux murs de Bethléem...


Charles Péguy (1873-1914)

mardi 1 décembre 2015

Bienheureux Jean Ruysbroeck


Ce 2 décembre, nous célébrons la mémoire du Bienheureux Jean van Ruysbroeck (ou, selon l'ancienne orthographe, Jan van Ruusbroec). Ce grand mystique flamand du 14e siècle a laissé des œuvres qui l'égalent aux plus grands. Son chef d'oeuvre est L'ornement des Noces spirituelles, dans lesquelles il parcourt toutes les étapes de la vie spirituelle à la lumière d'un verset de l'Evangile: "Voyez, l'Epoux vient, sortez à sa rencontre".
Voici un bref extrait de la première partie de cet ouvrage:

"La seconde venue [du Christ] a lieu quotidiennement chez les bons (...) Comprenez bien ceci: lorsque le soleil envoie ses rayons et sa clarté jusque dans une profonde vallée, située entre deux montagnes, tandis qu'il est au sommet du firmament, de façon à pouvoir éclairer le sol même et le fond de cette vallée, il se produit trois choses: la vallée s'éclaire de la lumière que lui renvoient les montagnes, elle s'échauffe ainsi davantage et devient plus fertile qu'une plaine. De la même façon , lorsqu'un homme juste se tient en sa petitesse, au plus bas de soi-même, et qu'l reconnaît n'avoir rien de soi, n'être rien et ne pouvoir rien, ni persévérer, ni progresser, et que souvent même il manque de vertus et de bonnes œuvres, alors il prend conscience de sa pauvreté et de sa détresse, et il creuse ainsi une vallée d'humilité. Et parce qu'il est humble et indigent, et qu'il connaît sa misère, il l'expose et  en gémit devant la bonté et la miséricorde de Dieu. Ainsi peut-il reconnaître et la hauteur de Dieu et sa propre bassesse, et il devient une vallée profonde. Or, le Christ est un soleil de justice et aussi de miséricorde qui se tient au plus haut du firmament, c'est-à-dire à la droite de son Père, et il brille jusqu'au fond des cœurs humbles; car le Christ est toujours touché de la misère de l'homme qui en gémit et la découvre humblement."

Bonne fête!

mercredi 18 novembre 2015

Rester dans l'espérance



En ces jours où nous sommes tous secoués par la violence qui se déchaîne, voici deux pages qui peuvent nous réconforter. 

Tout d'abord, une très belle vidéo, un "flashmob" dans lequel des enfants jouent de la musique dans un centre commercial à Paris. Une leçon de choses à tous les camelots de la culture (?) de mort.
https://www.youtube.com/watch?v=eee4-d7FUis

Ensuite, une information qui montre que l'on peut reconstruire sur des décombres et des cendres
http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2015-11-18-vallee-de-swat-quand-l2019education-chretienne-renait-des-cendres-islamistes
J'en profite pour signaler à ceux et celles que cela intéresse, ce site d'information sur l'Asie, de grande qualité, tenu par les Missions Etrangères de Paris: http://eglasie.mepasie.org/

dimanche 1 novembre 2015

Et voici le numéro 224 de Bonne Nouvelle…



Le dernier numéro de l’année 2015 de Bonne Nouvelle vient de sortir de presse. En voici le sommaire :

Un pasteur proche des gens, une interview de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France
Les mots tuent ou font vivre, un billet de fr. Marc
Adorateurs et dispensateurs de la grâce, le pape François s’adresse au Renouveau
L’art chrétien. Une perfection « pascale », un article de Marko Rupnik, jésuite, professeur dans les universités romaines et artiste
Vivre les temps d’épreuve à l’école de saint Augustin, un article d’André Brombart
Une grâce à saisir, un article de Laurent Bodart pour la rubrique « au fil de la liturgie »
Demain…, un billet du fr. André
12 leçons sur le christianisme, un livre de James Alison, lu pour vous
Quelques livres
Calendrier
Table des matières de l’année 2015

Bonne lecture !





samedi 24 octobre 2015

Amitié Judéo-Chrétienne



Ce 15 octobre, au Collège des Bernardins, à Paris, le prix de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France (AJCF) était décerné à Richard Prasquier, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).On peut lire, sur le site de l’AJCF, les différentes allocutions prononcées cette occasion. A ne pas manquer, celle, remarquable, de Richard Prasquier lui-même. C’est un témoignage très personnel et émouvant. Nous n'en retenons ici qu’une partie de sa conclusion. Il y aborde l’attitude que l’on peut attendre des chrétiens par rapport à l’Etat et au peuple d’Israël. Ce sont des lignes à méditer en ces jours où nos frères juifs souffrent d’un fort regain d’antisémitisme causé par l’«importation» du conflit israélo-palestinien

«Que pouvons-nous donc demander à un chrétien dans ce contexte qui déborde du cadre religieux et qui frôle un conflit politique incluant Israël dans lequel il ne désire pas prendre position? La prudence frileuse nous pousserait à écarter ce sujet de notre dialogue, car les chrétiens n’y sont pas directement impliqués et les positions sont conflictuelles. Mais c’est aujourd’hui l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Nous avons entre nous un devoir de franchise et une exigence de vérité. Et il est possible, il est nécessaire de garder ces valeurs, sans se laisser emporter par une argumentation politique, dont le seul qualificatif de sioniste a été tellement détourné en épouvantail.

A cet ami chrétien on peut demander:
- de traquer la vérité des faits, une traque qui demande du temps mais qui est souvent possible sur Internet
- de comprendre que faire d’Israël le responsable de tous les crimes de l’islamisme est une opinion idiote ou antisémite
- de s’étonner qu’Israël soit continuellement condamné par le Conseil des Droits de l’ Homme de l’ONU alors que l’Arabie Saoudite y est honorée par une position de prestige
- de refuser les amalgames entre le génocide de la Shoah qui a assassiné 6 millions de juifs sans défense et un conflit qui, guerres et attentats, soldats et civils, israéliens et palestiniens confondus, a provoqué environ 20000 victimes, en 70 ans, à comparer aux 240000 morts en Syrie en 4 ans pour lequel on n’a pas vu d’attroupements, ni entendu d’appels au meurtre dans les rues de Paris
- de vérifier si les images disent bien ce qu’on leur fait dire et si derrière l’image d’un enfant palestinien tué on ne lui présente pas la version moderne du crime rituel
- de déceler que derrière les discours rassurants, il peut y avoir des idéologies putrides, et que derrière les discours putrides, il n’y a jamais d’idéologie rassurante.
- de se résigner au fait que nous avons parfois des ennemis parce qu’ils veulent être nos ennemis et pas seulement des ennemis qui deviendront nos amis une fois que nous leur aurons manifesté notre volonté d’amitié.
- de se rappeler enfin que les pires régimes ont eu pour les soutenir des compagnons de route émus par le combat des masses opprimées; ces hommes d’illusions ou de compromissions étaient appelés les idiots utiles.
On peut lui demander en conclusion, maintenant qu’il a cessé de diaboliser les Juifs et qu’il sait que ce sont des hommes comme les autres, de lutter contre la diabolisation d’Israël, un État comme un autre, pour ne pas le transformer en Juif des Nations.

Il ne s’agit pas d’adhérer à une politique, il s’agit d’ouvrir les yeux, ce qui n’est pas interdit à un homme de paix et de foi. Il s’agit de comprendre ce qu’est l’endoctrinement mental, fléau du XXe et du XXIe siècle, celui qui déchaîne les passions, qui forge les mensonges et qui exploite les malheurs, les jalousies et les difficultés sociales. Les Juifs ont appris à leurs dépens que la lucidité est une hygiène de survie.»


jeudi 15 octobre 2015

Sainte Thérèse d’Avila (1515 – 2015)



Fêtée dans l’Eglise ce 15 septembre, la « grande » Thérèse est un maître spirituel toujours actuel. Nous fêtons, cette année, le 500e anniversaire de sa naissance.
Voici un passage d’une de ses œuvres, Le château intérieur.

« Nous pouvons considérer notre âme comme un château qui est fait tout entier d’un seul diamant ou d’un cristal très pur, et qui contient beaucoup d’appartements, ainsi que le ciel, qui renferme beaucoup de demeures…
Considérons donc que ce château a, comme je l’ai dit, beaucoup d’appartements, les uns en haut, les autres en bas et sur les côtés, tandis qu’au centre, au milieu de tous les autres, se trouve le principal, celui à se passent les choses très secrètes entre Dieu et l’âme…
Vous ne devez pas considérer ces demeures comme si elles étaient l’une à la suite de l’autre et à la file. Portez les regards au centre du château. C’est là qu’est la chambre, le palais où habite le Roi…
La porte par où l’on entre dans ce château, c’est l’oraison et la considération(*)
D’ailleurs, quand il s’agit des choses de l’âme, il faut toujours les voir dans leur plénitude, dans leur largeur et dans leur amplitude, sans craindre d’exagérer, car la capacité de l’âme dépasse de beaucoup tout ce que nous pouvons imaginer ; enfin toutes les parties du château reçoivent la lumière du Soleil qui s’y trouve. »


(*) Lorsque Thérèse parle de « considération », il s’agit d’une prise de conscience de ce qui est en train de se passer dans la prière : je suis en présence de Dieu…

lundi 7 septembre 2015

Le nouveau numéro de Bonne Nouvelle est paru


Voici le sommaire de ce numéro d'automne (n° 223 - Septembre-Octobre)

Lâcher prise. Un enseignement de Mgr David Macaire, évêque de la Martinique, donné lors de la Session du Renouveau de Belgique francophone en juillet dernier

La vérité vous rendra libres. Le billet du fr. Marc

Fonder une famille par adoption. Bénédicte et Vincent Fauvel témoignent de leur expérience de parents adoptifs

Nietzsche et le Crucifié. Présentation d'un livre remarquable de Didier Rance

A la louange de l'Indicible. Découvrir Grégoire de Narek, récemment déclaré Docteur  de l'Eglise par le pape François

Etre chrétien au travail. Témoignage éclairant sur la manière de concilier vie chrétienne et exigences professionnelles

La prière d'un artiste. Émouvante prière du peintre Maurice Denis (1870-1943)

Un même destin: servir. Laurent Bodart nous présente les évangiles du dimanche de septembre et octobre

Contagion du sourire. Le billet du fr. André

Libérée du doute. Témoignage d'une jeune femme touchée par le Seigneur au cours d'un pèlerinage.

Et les habituelles rubriques: "Quelques livres" et "Calendrier".

Bonne lecture!

vendredi 28 août 2015

Aime, et fais ce que tu veux

Augustin et sa mère Monique
Benozzo Gozzoli (1420-1497)


            Une des paroles les plus célèbres d’Augustin, mais aussi une des plus mal comprises. Rien à voir pourtant avec une quelconque facilité…

Voici que le Père a livré le Christ et que Judas l’a livré. Leur conduite n’apparaît-elle pas comme assez semblable? Judas est un traître, le Père est-il donc aussi un traître? «C’est impensable!», dis-tu […] Le Père a livré le Fils; le Fils s’est livré; Judas l’a livré. Voilà une seule et même action, mais qu’est-ce qui nous permet de [les] distinguer? […] C’est que le Père et le Fils ont agi par amour; mais Judas, lui, a agi par trahison. Vous voyez qu’il ne faut pas considérer ce que fait un homme, mais l’esprit, l’intention dans lesquels il agit […] Telle est la force de la charité! Voyez qu’elle seule peut faire la distinction; voyez qu’elle seule différencie les actions humaines entre elles […].

Nous avons parlé d’actions semblables? Pour des actions différentes, nous découvrons qu’un homme est amené à sévir par charité et à caresser par malice. Le père frappe son enfant et le trafiquant d’esclaves caresse son esclave. Si on propose les deux choses, les coups et les caresses, qui ne choisirait celles-ci et ne fuirait ceux-là? Si tu considères le rôle que joue chacune, la charité frappe et l’iniquité caresse.

Voyez un point sur lequel nous attirons votre attention: les actions humaines ne se distinguent les unes des autres qu’en les rapportant à la racine de la charité. Car on peut accomplir beaucoup d’actions qui ont bonne apparence, tout en ne provenant pas de la racine de la charité. Car les épines ont des fleurs elles aussi. Certaines choses paraissent dures, pénibles, mais on les accomplit pour corriger, inspiré par la charité.

Ainsi voilà une fois pour toutes le court précepte qu’on te dicte: «Aime et fais ce que tu veux!» [dilige et quod vis fac!] Si tu te tais, tu te tais par amour; si tu cries, tu cries par amour; si tu corriges, tu corriges par amour; si tu épargnes, tu épargnes par amour. Qu’au dedans se trouve la racine de la charité. De cette racine rien ne peut sortir que de bon.

Homélies sur la première épître de saint Jean VII, 7-8 (BA 76, p. 303-305)

Bonne fête de saint Augustin !


vendredi 14 août 2015

Bonne fête de l’Assomption


Vierge à l'Enfant de la Sainte-Chapelle (13e siècle) Musée du Louvre, Paris














A tous les « petits » que Marie, reçoit dans le Royaume, ce poème de Charles Péguy

Notre-Dame des petits

Lorsque les petits enfants meurent,
– Et la mort choisit les plus beaux ! –
Tandis que les mères demeurent
A les pleurer près des berceaux,
Eux, laissant au fond de leurs bières
Les langes à leurs bras raidis,
Quittent la nuit des cimetières
Et s’en vont droit au paradis
Et vers la cité souveraine,
Tout nus, et frissonnants, un peu,
Ils avancent, posant à peine
Leurs pieds roses sur le ciel bleu.
Ce que voyant, la Vierge Mère
A leur dénuement compatit,
Songeant aux douleurs de la terre
Lorsque Jésus était petit.

Et, tout de suite à sa quenouille,
Mettant un cocon de satin,
Elle dévide un fil que mouille
L’haleine humide du matin
Puis, le soir venu, Notre-Dame
Prenant les cieux pour marchepied,
Pour la tisser étend sa trame,
Pour la tisser, elle s’assied,
Et comme une blonde navette,
On entrevoit sans se lasser,
Entre la brume violette,
Passer la lune et repasser.
Et, dans l’étoffe des buées,
Près d’elle, de beaux chérubins
Taillent des robes de nuées
Dont ils revêtent les bambins.
Bientôt sous leurs fines toilettes,
Les enfants vont, drus et joyeux,
Dans les lis et les violettes
Jouer par les grands prés des cieux.
Et, les voyant, la Vierge Mère
A leurs beaux rires applaudit,
Songeant aux bonheurs de la terre
Lorsque Jésus était petit

Charles Péguy (1873-1914)



samedi 1 août 2015

La sagesse des Anciens

Saint Antoine du Désert et saint Paul de Thèbes
Mathias Grünewald, retable d'Issenheim
En ce temps de vacances, où - pour beaucoup d'entre nous - les exigences de la vie quotidienne sont moins fortes, laissons-nous enseigner par la sagesse des Anciens. Ils nous rappellent notamment que tous nos efforts sont vains s'ils ne sont pas fondés sur la grâce de Dieu. Voici donc deux apophtegmes (paroles de sagesse) des Pères du Désert. On en appréciera la simplicité et l'humour discret.

Il y avait un ancien qui mangeait chaque jour trois biscuits. Survint un frère et, quand ils s'assirent pour manger il lui servit trois biscuits; comme il n'en avait pas assez, il lui en donna trois autres. Lorsqu'ils furent rassasiés et se levèrent, l'ancien condamna le frère et lui dit: "Il ne faut pas céder à la chair". Le frère fit une métanie [inclination profonde] à l'ancien et s'en alla. Le lendemain, quand arriva le moment du repas, l'ancien se servit les trois biscuits selon sa coutume, il les mangea, puis il eut encore faim et résista à son appétit. Il en fut de même le jour suivant. Il commença alors à faiblir et il connut qu'il était abandonné de Dieu. Il se prosterna avec larmes devant Dieu et l'interrogea au sujet de l'abandon dans lequel il se trouvait; il vit un ange qui lui dit: "Cela t'est arrivé parce que tu as condamné le frère. Reconnais donc que celui qui peut résister ou faire quelque bien ne le fait pas de sa propre force, mais que c'est la bonté divine qui fortifie l'homme.

Les anciens disaient: "Si tu vois un jeune homme qui s'élève vers le ciel par sa propre volonté, saisis-le par le pied et fais-le redescendre, car c'est cela qui lui est utile."


mercredi 1 juillet 2015

Le nouveau numéro de Bonne Nouvelle est sorti de presse



Il s’agit du n° 222, de juillet-août 2015, dont voici le sommaire

Levain dans la pâte. Le P. Franck Janin, provincial des Jésuites de Belgique nous parle de la vie consacrée

Le préféré. Un billet du fr. André

Lambert Louis Conrardy. Le P. Michel Tassin nous présente la belle figure de celui que l’on a surnommé « le Damien chinois ».

Créer des liens. Le beau témoignage d’une famille qui a adopté des enfants.

Un saint qui guérit tous les maux. Découvrir saint Thibaut et l’Ermitage de Montaigu.

N’ayons plus peur. Un billet du fr. Marc

De la souffrance à l’espérance. Emouvant témoignage du cheminement d’un couple dont un fils s’est révélé homosexuel.

Le miracle de l’humanité de Jésus. Laurent Bodart commente pour nous les évangiles des prochains dimanches.

Ce que dit la Bible sur… la violence. Présentation d’un livre de Philippe Abadie.

Merci au Dieu fidèle. Un couple témoigne de la manière dont la famille se construit en prenant appui sur le Seigneur.

Et encore, les comptes rendus de livres, et le calendrier des activités de cet été.



Vous ne connaissez pas encore Bonne Nouvelle ? Découvrez la revue en nous demandant un numéro spécimen gratuit…

jeudi 18 juin 2015

Ton Père voit dans le secret…




Voici un texte magnifique de Jean Tauler (1300-1361), dominicain de Strasbourg, dont les sermons sont un des sommets de la mystique du Moyen-Age. Il parle de la prière et de ce lieu du cœur – le plus secret – où Dieu est présent. On songe à ces paroles de Jésus : « … quand tu pries, retire-toi dans la pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret… » (Mt 6, 6).

« La prière authentique est une véritable ascension en Dieu, qui élève totalement l’esprit, en sorte que Dieu peut en vérité pénétrer dans le fond le plus pur, le plus intime, le plus noble, le plus intérieur, où seul il est une vraie unité, à propos de laquelle Augustin dit que l’âme est en soi un abîme caché qui n’a rien à voir avec le temps et avec toutes les choses du monde. Dans cet abîme noble, délicieux, dans ce royaume céleste, là s’immerge la douceur, là est sa place éternellement, et là l’homme devient tellement silencieux, primordial et sage, et toujours plus détaché, plus intériorisé et plus élevé dans une pureté et une passivité plus importantes, toujours plus abandonné en tout, parce que Dieu lui-même est là présent, en ce noble royaume, il y opère, il y demeure et il y règne »

Jean Tauler, Sermons, 24, 7.





samedi 23 mai 2015

Pentecôte





Quelques lignes magnifiques de saint Irénée (130-202), dans son traité Contre les hérésies :

« L’Esprit est descendu dans le Fils de Dieu devenu le fils de l’homme, pour s’habituer avec lui à habiter le genre humain, à reposer parmi les hommes, à habiter l’œuvre de Dieu, pour opérer en ces hommes la volonté du Père, et les renouveler de leur désuétude dans la nouveauté du Christ ».

Puissions-nous nous « habituer » à nous laisser habiter par l’Esprit Saint, comme Il s’est « habitué » à notre humanité en demeurant dans le Christ. Sainte fête de Pentecôte !


samedi 9 mai 2015

Saint Augustin nous enseigne – L’Ascension du Seigneur

Giotto (1267-1337) - Ascension du Seigneur

Le Seigneur, assis à la droite du Père, nous ne le voyons pas de nos yeux, comme nous ne l’avons pas vu attaché à la croix. C’est la foi qui nous convainc de ce mystère et nous le contemplons avec les yeux du cœur. Vous venez de l’entendre : Jésus le Christ est monté aux cieux. Que notre cœur y monte avec lui ! Ecoutons l’Apôtre qui nous dit : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ. C’est en haut qu’est votre but, non sur la terre » (Col 3, 1-2). De même qu’il est monté aux cieux sans nous quitter, ainsi sommes-nous dès maintenant avec lui dans les cieux, même si ce qu’il a promis n’est pas encore réalisé dans notre corps. « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme » (Jn 3,13). Jésus parle ainsi à cause de l’unité étroite qui existe entre lui, notre Chef, notre Tête, et nous qui sommes ses membres. Il monte au ciel, mais nous ne sommes pas séparés de lui.

Saint Augustin, Sermon 263, 2


samedi 18 avril 2015

Bientôt le n° 221 de Bonne Nouvelle



Le numéro 221 de Bonne Nouvelle est sous presse

En voici le sommaire:

L’Esprit chante. Interview de Ciprian Zeno Popescu, prêtre orthodoxe et chanteur, engagé dans l’animation des chorales Equinox fondées par Maria Joao Pires.

Un sourire en papier. Le billet du fr. André Brombart.

Seigneur, étends tes mains. Le P. Albert Franck, du Grand-Duché de Luxembourg témoigne des merveilles vécues dans la prière de guérison.

Une école d’humanité. Un couple relit sa vie dans l’action de grâce et témoigne.

La grâce de « dire Dieu ». Le P. Alain Mattheeuws s.j. répond à la question : « Pourquoi l’Eglise s’intéresse-t-elle à la famille ? »

Renaissance d’une abbaye. Roland Dumont retrace l’histoire de l’abbaye de Sylvanès.

Accueillir la croissance qui nous fait porter du fruit. Avec ce dernier texte, Dominique Lang achève sa présentation de saint Augustin « à la rencontre du Maître intérieur »

« Demeurer », un maître-mot. Le Fr. Laurent propose une méditation des évangiles des dimanches du temps pascal.

Le cœur de l’homme, quelle pagaille ! Nous avons lu pour vous un livre de Benoist de Sinety.

Des mensonges et des perles. Le billet du fr. Marc Leroy

Les comptes rendus de livres

Le calendrier des retraites et activités spirituelles

Faites connaître Bonne Nouvelle à vos amis.


mercredi 15 avril 2015

Saint Augustin nous enseigne - Voici la Pâque, voici le passage

Fresque de l'Anastasis (Résurrection) - Istanbul, église de Chora

En hébreu, Pâque signifie passage; c’est pourquoi le peuple de Dieu célébra pour la première fois la Pâque quand il eut passé la Mer Rouge en s’enfuyant d’Egypte. Maintenant donc, cette figure prophétique s’est accomplie dans sa vérité quand le Christ a été comme une brebis conduite à l’immolation (Is 37,7): les linteaux de nos portes sont oints de son sang (Ex 12,23), c’est-à-dire que nos fronts sont marqués du signe de sa croix, nous sommes délivrés de la perdition de ce siècle comme de la captivité et de la mort en Egypte (…)
Voici la Pâque, voici le passage; d’où vers où? Eh bien! de ce monde au Père (Jn 13,1).
Dans la Tête, l’espérance a été donnée aux membres que, puisqu’elle accomplit son passage, eux suivront sans aucun doute (…) Car, dit l’Apôtre, la fin de la Loi est le Christ pour la justice de tout homme qui croit (Rm 10,4), fin qui rend parfait et non qui détruit, fin où nous devons parvenir et non fin où nous devons périr. C’est tout à fait en ce sens qu’il faut comprendre que le Christ, notre Pâque, a été immolé (1 Co 5,7): il est notre fin, c’est vers lui que nous passons.

  Homélies sur l’évangile de Jean (55, 1-2)

lundi 30 mars 2015

Le Chemin de Croix des chrétiens du Moyen-Orient

Dans une église de Syrie
Les responsables des Eglises chrétiennes de Belgique nous invitent, pendant cette Semaine Sainte, à prier pour nos frères chrétiens du Moyen-Orient. Ils ont publié un communiqué commun en ce sens. Il se conclut par ces mots :
« Durant la Semaine Sainte et le temps de Pâques, nous invitons toutes les communautés chrétiennes en Belgique à un geste de solidarité concret en faveur des chrétiens du Moyen-Orient. Par exemple, des intentions de prière au cours des célébrations liturgiques ou des temps de prière, une attention particulière aux chrétiens du Moyen-Orient de notre ville ou de notre village ou le soutien à une action de solidarité financière ou matérielle pour les chrétiens au Moyen-Orient. Nous vous souhaitons une Semaine Sainte bénie et une Sainte fête de Pâques. »
Dans le prolongement de cette initiative, les évêques catholiques de Belgique ont publié la prière que voici :
« Nous te prions, Seigneur, pour les chrétiens d’Orient éprouvés en tant de lieux : pour ceux que nous connaissons, pour ceux dont nous nous inquiétons, pour leurs familles, leurs proches qui là-bas ou ici ont le cœur angoissé par ce qui leur arrive. Que leur injuste souffrance ne laisse pas dans l’indifférence tous ceux qui peuvent influencer sur les événements, sur le respect des droits humains, sur les choix à faire – de tous ordres -, sur l’opinion internationale.
Soutiens ces chrétiens dans leur fidélité ; tiens- les dans l’espérance ; donne-leur à eux et à nous le courage et la confiance de la foi. Soutiens tous ceux qui refusent de s’enfermer dans la haine, tous ceux qui veulent croire au dialogue et à la paix possible même si le chemin en sera long.
Soutiens ceux et celles qui osent croire que la parole échangée avec l’autre est la seule force qui soit créatrice, toi le Dieu dont la Parole, même quand elle semble crier dans le désert, même quand elle est face au chaos peut faire naître un début de vie nouvelle et de lumière.
En cette semaine de la Passion,  nous nous tournons vers Toi qui as soutenu ton Fils sur le chemin de sa Passion, toi qui l’as ressuscité. Que, par notre prière et notre solidarité, nous soyons aux côtés de ceux qui meurent pour leur foi chrétienne.  Que la contemplation de la Passion de ton Fils nous donne de vivre en communion profonde avec eux. Garde-nous forts, déterminés, et audacieux, à la manière du Christ.

Nous te prions aussi pour toutes les victimes innocentes de ces conflits. Nous te prions pour que les cœurs de pierre deviennent un jour des cœurs de chair – et nous te le demandons aussi pour nous-mêmes. Donne-nous ton Esprit pour que – comme le dit S. Paul – ni la détresse, ni l’angoisse, ni la persécution ne puissent nous séparer de l’amour du Christ. Garde-nous de la tentation de douter de Toi et de douter des hommes. Viens et délivre-nous tous du Mal. Amen! »

mardi 24 mars 2015

Moi non plus, je ne te condamne pas...

Rembrandt - Le Christ et la femme adultère


- Femme, où sont-ils donc? Personne ne t'a condamnée?
- Personne, Seigneur.
- Moi non plus, je ne te condamne pas: va et désormais ne pèche plus.
(Jn 8, 1-11)

lundi 2 mars 2015

Dignité de la personne humaine



Voici un texte important publié par les évêques de Belgique, au sujet de l' "euthanasie" et des dérives auxquelles elle donne lieu.

La dignité de la personne humaine, même démente
Le vieillissement croissant de la population constitue un défi majeur pour notre société. Il va de pair avec une augmentation des cas de démence. La société investit, de longue date et largement, en faveur des personnes âgées, voire très âgées, des personnes souffrant d’un handicap mental profond ou gravement perturbées, des patients comateux et des malades en phase terminale. Nous voudrions avant tout exprimer notre reconnaissance vis-à-vis de tous ceux et celles qui sont engagés dans l’accompagnement de ces personnes fragiles.  Ce n’est pas économiquement rentable, mais nous estimons – toutes obédiences confondues – qu’il doit en être ainsi. Cette conviction répond à un choix purement éthique. Mais nous craignons que ce choix soit mis à rude épreuve en raison du « climat d’euthanasie » dans lequel nous baignons depuis 2002 et face au risque d’appliquer légalement l’euthanasie aux personnes démentes. Parce que les personnes concernées sont justement celles qui peuvent le moins faire entendre leur voix, nous jugeons, en tant qu’évêques, que c’est un impérieux devoir pour nous de faire entendre la nôtre en leur faveur.
En tout premier lieu, un être humain, même atteint de démence, demeure une personne à part entière jusqu’à sa mort naturelle. La dignité humaine ne peut dépendre de ce qu’on possède ou non certaines capacités. Elle est liée de manière inaliénable au simple fait d’appartenir à l’espèce humaine. Toute personne, même en état de démence, mérite donc le respect et doit recevoir en conséquence les soins appropriés.
L’autonomie est très importante dans notre société. Mais nous nous demandons si certaines manières de la mettre en œuvre ne sont pas marquées par un individualisme excessif. « Moi, et moi seul, décide de ce que je fais de ma vie et les autres n’ont pas à s’en mêler » semble être devenu le slogan du jour. Cela va si loin qu’un acte devrait être considéré comme bon du seul fait qu’il est le fruit d’un choix autonome. Une telle conception de l’autonomie en vient à considérer chacun comme un îlot sans lien avec autrui. Mais les individus ne sont pas des îles. Chaque être humain vit dans un environnement social, culturel, historique et relationnel. C’est pourquoi une autonomie en « relation » ou en « communion » rend beaucoup mieux compte de notre vraie identité et du fonctionnement effectif de notre liberté. De la naissance à la mort, nous dépendons les uns des autres. La tradition chrétienne exprime cela en considérant les êtres humains[1] comme des frères et sœurs, reliés au même Père. Mais il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour comprendre combien nous avons besoin les uns des autres.
En plus du critère de l’autonomie, la notion de qualité de vie joue également un rôle important dans pas mal de décisions. Le problème de ce second critère est la difficulté d’en donner une définition objective, si bien que les éléments subjectifs risquent toujours d’être prépondérants. En ce qui concerne les personnes  démentes, le risque est grand que des tiers projettent sur le patient leurs préoccupations et angoisses personnelles. La confrontation avec une personne démente doit d’abord susciter, auprès de tous, la responsabilité éthique d’en prendre soin. L’appel lancé par le prochain qui a besoin de soins renforce le fait que nous sommes ses frères et sœurs en humanité. Je suis le gardien de mon frère, que je le veuille ou non. Même s’il nous est possible d’étouffer cet appel de notre conscience, cela n’enlève rien à notre obligation morale de prendre soin de notre prochain.
Depuis la loi de 2002 sur l’euthanasie, le constat s’impose : la dérive prédite à l’époque est devenue réalité. Les limites de la loi sont systématiquement contournées, voire transgressées. L’éventail des groupes de patients entrant en ligne de compte pour l’euthanasie ne cesse de s’élargir. La souffrance existentielle, comme, par exemple, la fatigue de vivre, est ainsi placée sans hésitation dans le champ d’application de la loi sur l’euthanasie par des personnes ayant autorité dans la société – sans indice de désordre psychologique ou psychiatrique sous-jacent, ce qui d’ailleurs n’est pas de la compétence de la médecine.
Demande est aussi faite d’un nouvel élargissement de la loi afin de pouvoir procéder à l’euthanasie de personnes démentes, et ce à un moment précédemment indiqué par elles, sur base d’une déclaration de volonté anticipée. On en viendrait ainsi, par exemple, à une déclaration anticipée stipulant que l’euthanasie est demandée dès lors qu’on ne reconnaîtrait plus les membres de sa propre famille. Alors qu’auparavant on argumentait à partir du critère de « souffrance intolérable », on va maintenant un cran plus loin. Lorsqu’on perd sa capacité cognitive, on perdrait aussi son identité individuelle. Selon cette logique, on devrait, dès ce moment, pouvoir mettre un terme à la vie de cette personne.
Nous nous opposons résolument à cette tendance. Une perte d’autonomie n’est pas pour nous synonyme de perte de dignité. Pareil raisonnement – nous y insistons – nous engage de manière encore plus périlleuse sur la pente entamée.  Le danger n’est pas illusoire que l’on veuille réserver le concept de personne humaine – et les droits qui y sont afférents – à ceux qui sont capables de reconnaître pour et par eux-mêmes la valeur de leur propre vie. Ceux qui ne le peuvent pas, ou ne le peuvent plus, risquent d’être éliminés ou de se voir privés des soins nécessaires. Notre société doit continuer à prendre en charge ses membres les plus vulnérables en se mobilisant pour la détection et le diagnostic précis de la démence, en assurant un soutien aux soignants bénévoles, des ressources suffisantes pour les soins palliatifs aux malades lors des stades ultimes de la démence et des moyens adéquats pour les maisons de repos et de soins. Malgré les économies à réaliser en divers domaines, la société se doit de continuer à offrir, en fin de vie, des soins de haute qualité.
Le niveau moral d’une société se mesure au traitement qu’elle réserve aux plus faibles de ses membres. Beaucoup de personnes fragiles interpréteront un éventuel élargissement de la loi sur l’euthanasie dans ce domaine comme une invitation à ne pas se montrer égoïste au point de devenir un fardeau pour autrui. Le risque n’est-il pas grand que beaucoup comprennent une extension de la loi sur l’euthanasie comme « une invitation à en finir », voire comme un « devoir de mourir » ? Mais, selon notre conception, jamais, dans une société authentiquement humaine, l’autre ne peut devenir une charge inutile. Et quand un frère ou une sœur en humanité réclame une attention et des soins redoublés, cette charge supplémentaire sera portée avec amour. Telle doit être la réponse. Une réponse qui témoigne d’une solidarité inconditionnelle. Ce n’est pas la porte de l’euthanasie qui doit s’ouvrir davantage, mais bien celle de la fraternité et de la solidarité.

Les Évêques de Belgique, le 26 février 2015


samedi 21 février 2015

Le Carême avec saint André de Crète

Arcabas -Christ aux outrages
La riche tradition liturgique de l’Orient byzantin nous a laissé des trésors. Tel est le cas du Grand Canon de saint André de Crète (660-740). Il s’agit d’un très long cantique pénitentiel, que le grand théologien orthodoxe Olivier Clément appelait « le chant des larmes ». Il s’agit d’une longue méditation sur les figures bibliques de la pénitence : un parcours très riche à travers toute l’Ecriture.
Dans sa version intégrale, il comporte 250 strophes. Dans l’Eglise byzantine, il est chanté intégralement le jeudi de la cinquième semaine de Carême. Avec les Frères Jean-Philippe Revel et Daniel Bourgeois, le P. André Gouzes en a réalisé une version adaptée pour être chantée à quatre voix chaque matin à l’office de Laudes pendant le Carême. Nous l'avons déjà évoqué ici même.
Le texte complet du Canon, précédé d’une bonne introduction, est accessible sur le site « Pages orthodoxes ».
Voici, dans la version du P. Gouzes, la section qui est chantée en ce premier dimanche de Carême.

Antienne : Gloire à toi, ô Christ, notre Espérance, gloire à toi, Christ notre Salut.

Comme Adam notre Père, je me suis détourné, ô Christ, de ta parole vivifiante,
Et je n’ai pas gardé le commandement de ton amour ;
Aussi ai-je été chassé du jardin du Paradis.

Je viens à toi, ô Christ, qui as combattu pour nous dans le désert :
Conduit par l’Esprit, tu as vaincu le Prince de ce monde ;
Nouvel Adam, tu fais refleurir le désert en Paradis !

Homicide comme Caïn, je suis devenu le meurtrier de mon âme,
Car j’ai souillé mon cœur et ma chair,
Et attenté à ma vie par mes œuvres de péché,

Mais toi, ô Jésus, tu as présenté au Père une offrande pure,
Et ton sang, comme celui d’Abel, a crié justice pour moi,
Quand tu fus immolé sur la Croix.

Sainte Vierge Marie, nous te prions avec confiance,
Toi qui as accueilli dans l’amour Jésus, ton fils, la Loi nouvelle :
Par lui, tu es victorieuse du péché, et tu écrases la tête du serpent.

Bienheureuse et éternelle Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit,
Adorés dans le mystère de l’Amour qui vous unit,
Dieu de miséricorde, donne-moi les larmes et la joie du retour.






mardi 10 février 2015

Le numéro 220 de Bonne Nouvelle paraîtra bientôt



Avec ce deuxième numéro de l’année 2015, nous poursuivons la réflexion sur la famille.
En voici le sommaire:

La famille a de l’avenir. Interview de Dominique Jacquemin, qui enseigne la morale familiale à la Faculté de théologie de l’UCL

Audace de l’Amour. Le billet du fr. Marc Leroy

Dieu est ma force. Alberto Maalouf, jeune leader du Renouveau en France, invite à exercer les charismes

Vivre le deuil d’un enfant. Emouvant témoignage d’une famille après la mort d’un enfant à l’âge de 12 ans

Fidélité à l’amour sauveur. Le sacrement du mariage face à l’échec. Une réflexion du P. Alain Mattheeuws s.j.

Faire communauté. Dominique Lang poursuit sa présentation de saint Augustin « à la rencontre du Maître intérieur »

Pour une Eglise au visage d’Evangile. Jeanne-Marie Mercenier a lu pour nous un livre de Monique Hébrard

Vers Pâques. Le Fr. Laurent nous conduit au fil des textes de la liturgie des dimanches de Carême

Désirs, appétits, besoins. Le billet du fr. André Brombart

Des serviteurs bienveillants. Un texte interpellant d’un auteur chrétien du 11e siècle.

Les comptes rendus de livres

Le calendrier des retraites et activités spirituelles

Merci de votre fidélité à Bonne Nouvelle !


lundi 2 février 2015

La rencontre entre Jésus et son peuple


Homélie du pape François à la messe pour la 18e journée de la Vie consacrée, le 2 février 2014.
            La fête de la Présentation de Jésus au Temple est appelée également la fête de la rencontre (…) Quand Marie et Joseph amenèrent leur enfant au Temple de Jérusalem, eut lieu la première rencontre entre Jésus et son peuple, représenté par les deux vieillards Syméon et Anne.
            Ce fut aussi la rencontre au sein de l’histoire du peuple, une rencontre entre les jeunes et les personnes âgées: les jeunes étaient Marie et Joseph avec leur nouveau-né; et les personnes âgées étaient Syméon et Anne, deux personnages qui fréquentaient toujours le Temps.
            Observons ce que l’évangéliste Luc nous dit à leur propos, comment il les décrit. A propos de la Vierge et de saint Joseph, il répète à quatre reprises qu’ils voulaient faire ce qui était prescrit par la Loi du Seigneur (cf. Lc 2, 22.23.24.27). On saisit, on perçoit presque que les parents de Jésus ont la joie d’observer les préceptes de Dieu, oui, la joie de marcher dans la Loi du Seigneur! Ce sont deux nouveaux époux, ils viennent d’avoir leur enfant, et ils sont entièrement animés du désir d’accomplir ce qui est prescrit. Cela n’est pas un fait extérieur, ce n’est pas pour se sentir en règle, non! C’est un désir fort, profond, plein de joie. C’est ce que dit le psaume: «Dans la voie de ton témoignage, j’ai ma joie (…) Ta loi fait mes délices» (119, 14.77).
            Et que dit Luc à propos des personnes âgées? Il souligne plus d’une fois qu’elles étaient guidées par le Saint-Esprit. Il affirme à propos de Syméon que c’était un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d’Israël, et que «l’Esprit saint reposait sur lui» (2, 25); il dit que «l’Esprit saint l’avait averti» qu’avant de mourir il aurait vu le Christ, le Messie (v. 26). A propos d’Anne, il dit ensuite que c’était une «prophétesse» (v. 36), c’est-à-dire inspirée par Dieu; et qu’elle était toujours dans le Temple «servant Dieu dans le jeûne et la prière» (v. 37). En somme, ces deux personnes âgées sont pleines de vie! Elles sont pleines  de vie parce qu’elles sont animées par le Saint-Esprit, dociles à son action, sensibles à ses appels.
            Et voilà la rencontre entre la Sainte Famille et ces deux représentants du peuple saint de Dieu. Au centre se trouve Jésus. C’est Lui qui anime tout, qui attire les uns et les autres au Temple, qui est la maison de son Père.

            C’est une rencontre entre les jeunes pleins de joie dans l’observation de la Loi du Seigneur et les personnes âgées pleines de joie en raison de l’action du Saint-Esprit. C’est une rencontre particulière entre observance et prophétie, où les jeunes sont les observants et les personnes âgées sont les prophètes!