lundi 30 mars 2015

Le Chemin de Croix des chrétiens du Moyen-Orient

Dans une église de Syrie
Les responsables des Eglises chrétiennes de Belgique nous invitent, pendant cette Semaine Sainte, à prier pour nos frères chrétiens du Moyen-Orient. Ils ont publié un communiqué commun en ce sens. Il se conclut par ces mots :
« Durant la Semaine Sainte et le temps de Pâques, nous invitons toutes les communautés chrétiennes en Belgique à un geste de solidarité concret en faveur des chrétiens du Moyen-Orient. Par exemple, des intentions de prière au cours des célébrations liturgiques ou des temps de prière, une attention particulière aux chrétiens du Moyen-Orient de notre ville ou de notre village ou le soutien à une action de solidarité financière ou matérielle pour les chrétiens au Moyen-Orient. Nous vous souhaitons une Semaine Sainte bénie et une Sainte fête de Pâques. »
Dans le prolongement de cette initiative, les évêques catholiques de Belgique ont publié la prière que voici :
« Nous te prions, Seigneur, pour les chrétiens d’Orient éprouvés en tant de lieux : pour ceux que nous connaissons, pour ceux dont nous nous inquiétons, pour leurs familles, leurs proches qui là-bas ou ici ont le cœur angoissé par ce qui leur arrive. Que leur injuste souffrance ne laisse pas dans l’indifférence tous ceux qui peuvent influencer sur les événements, sur le respect des droits humains, sur les choix à faire – de tous ordres -, sur l’opinion internationale.
Soutiens ces chrétiens dans leur fidélité ; tiens- les dans l’espérance ; donne-leur à eux et à nous le courage et la confiance de la foi. Soutiens tous ceux qui refusent de s’enfermer dans la haine, tous ceux qui veulent croire au dialogue et à la paix possible même si le chemin en sera long.
Soutiens ceux et celles qui osent croire que la parole échangée avec l’autre est la seule force qui soit créatrice, toi le Dieu dont la Parole, même quand elle semble crier dans le désert, même quand elle est face au chaos peut faire naître un début de vie nouvelle et de lumière.
En cette semaine de la Passion,  nous nous tournons vers Toi qui as soutenu ton Fils sur le chemin de sa Passion, toi qui l’as ressuscité. Que, par notre prière et notre solidarité, nous soyons aux côtés de ceux qui meurent pour leur foi chrétienne.  Que la contemplation de la Passion de ton Fils nous donne de vivre en communion profonde avec eux. Garde-nous forts, déterminés, et audacieux, à la manière du Christ.

Nous te prions aussi pour toutes les victimes innocentes de ces conflits. Nous te prions pour que les cœurs de pierre deviennent un jour des cœurs de chair – et nous te le demandons aussi pour nous-mêmes. Donne-nous ton Esprit pour que – comme le dit S. Paul – ni la détresse, ni l’angoisse, ni la persécution ne puissent nous séparer de l’amour du Christ. Garde-nous de la tentation de douter de Toi et de douter des hommes. Viens et délivre-nous tous du Mal. Amen! »

mardi 24 mars 2015

Moi non plus, je ne te condamne pas...

Rembrandt - Le Christ et la femme adultère


- Femme, où sont-ils donc? Personne ne t'a condamnée?
- Personne, Seigneur.
- Moi non plus, je ne te condamne pas: va et désormais ne pèche plus.
(Jn 8, 1-11)

lundi 2 mars 2015

Dignité de la personne humaine



Voici un texte important publié par les évêques de Belgique, au sujet de l' "euthanasie" et des dérives auxquelles elle donne lieu.

La dignité de la personne humaine, même démente
Le vieillissement croissant de la population constitue un défi majeur pour notre société. Il va de pair avec une augmentation des cas de démence. La société investit, de longue date et largement, en faveur des personnes âgées, voire très âgées, des personnes souffrant d’un handicap mental profond ou gravement perturbées, des patients comateux et des malades en phase terminale. Nous voudrions avant tout exprimer notre reconnaissance vis-à-vis de tous ceux et celles qui sont engagés dans l’accompagnement de ces personnes fragiles.  Ce n’est pas économiquement rentable, mais nous estimons – toutes obédiences confondues – qu’il doit en être ainsi. Cette conviction répond à un choix purement éthique. Mais nous craignons que ce choix soit mis à rude épreuve en raison du « climat d’euthanasie » dans lequel nous baignons depuis 2002 et face au risque d’appliquer légalement l’euthanasie aux personnes démentes. Parce que les personnes concernées sont justement celles qui peuvent le moins faire entendre leur voix, nous jugeons, en tant qu’évêques, que c’est un impérieux devoir pour nous de faire entendre la nôtre en leur faveur.
En tout premier lieu, un être humain, même atteint de démence, demeure une personne à part entière jusqu’à sa mort naturelle. La dignité humaine ne peut dépendre de ce qu’on possède ou non certaines capacités. Elle est liée de manière inaliénable au simple fait d’appartenir à l’espèce humaine. Toute personne, même en état de démence, mérite donc le respect et doit recevoir en conséquence les soins appropriés.
L’autonomie est très importante dans notre société. Mais nous nous demandons si certaines manières de la mettre en œuvre ne sont pas marquées par un individualisme excessif. « Moi, et moi seul, décide de ce que je fais de ma vie et les autres n’ont pas à s’en mêler » semble être devenu le slogan du jour. Cela va si loin qu’un acte devrait être considéré comme bon du seul fait qu’il est le fruit d’un choix autonome. Une telle conception de l’autonomie en vient à considérer chacun comme un îlot sans lien avec autrui. Mais les individus ne sont pas des îles. Chaque être humain vit dans un environnement social, culturel, historique et relationnel. C’est pourquoi une autonomie en « relation » ou en « communion » rend beaucoup mieux compte de notre vraie identité et du fonctionnement effectif de notre liberté. De la naissance à la mort, nous dépendons les uns des autres. La tradition chrétienne exprime cela en considérant les êtres humains[1] comme des frères et sœurs, reliés au même Père. Mais il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour comprendre combien nous avons besoin les uns des autres.
En plus du critère de l’autonomie, la notion de qualité de vie joue également un rôle important dans pas mal de décisions. Le problème de ce second critère est la difficulté d’en donner une définition objective, si bien que les éléments subjectifs risquent toujours d’être prépondérants. En ce qui concerne les personnes  démentes, le risque est grand que des tiers projettent sur le patient leurs préoccupations et angoisses personnelles. La confrontation avec une personne démente doit d’abord susciter, auprès de tous, la responsabilité éthique d’en prendre soin. L’appel lancé par le prochain qui a besoin de soins renforce le fait que nous sommes ses frères et sœurs en humanité. Je suis le gardien de mon frère, que je le veuille ou non. Même s’il nous est possible d’étouffer cet appel de notre conscience, cela n’enlève rien à notre obligation morale de prendre soin de notre prochain.
Depuis la loi de 2002 sur l’euthanasie, le constat s’impose : la dérive prédite à l’époque est devenue réalité. Les limites de la loi sont systématiquement contournées, voire transgressées. L’éventail des groupes de patients entrant en ligne de compte pour l’euthanasie ne cesse de s’élargir. La souffrance existentielle, comme, par exemple, la fatigue de vivre, est ainsi placée sans hésitation dans le champ d’application de la loi sur l’euthanasie par des personnes ayant autorité dans la société – sans indice de désordre psychologique ou psychiatrique sous-jacent, ce qui d’ailleurs n’est pas de la compétence de la médecine.
Demande est aussi faite d’un nouvel élargissement de la loi afin de pouvoir procéder à l’euthanasie de personnes démentes, et ce à un moment précédemment indiqué par elles, sur base d’une déclaration de volonté anticipée. On en viendrait ainsi, par exemple, à une déclaration anticipée stipulant que l’euthanasie est demandée dès lors qu’on ne reconnaîtrait plus les membres de sa propre famille. Alors qu’auparavant on argumentait à partir du critère de « souffrance intolérable », on va maintenant un cran plus loin. Lorsqu’on perd sa capacité cognitive, on perdrait aussi son identité individuelle. Selon cette logique, on devrait, dès ce moment, pouvoir mettre un terme à la vie de cette personne.
Nous nous opposons résolument à cette tendance. Une perte d’autonomie n’est pas pour nous synonyme de perte de dignité. Pareil raisonnement – nous y insistons – nous engage de manière encore plus périlleuse sur la pente entamée.  Le danger n’est pas illusoire que l’on veuille réserver le concept de personne humaine – et les droits qui y sont afférents – à ceux qui sont capables de reconnaître pour et par eux-mêmes la valeur de leur propre vie. Ceux qui ne le peuvent pas, ou ne le peuvent plus, risquent d’être éliminés ou de se voir privés des soins nécessaires. Notre société doit continuer à prendre en charge ses membres les plus vulnérables en se mobilisant pour la détection et le diagnostic précis de la démence, en assurant un soutien aux soignants bénévoles, des ressources suffisantes pour les soins palliatifs aux malades lors des stades ultimes de la démence et des moyens adéquats pour les maisons de repos et de soins. Malgré les économies à réaliser en divers domaines, la société se doit de continuer à offrir, en fin de vie, des soins de haute qualité.
Le niveau moral d’une société se mesure au traitement qu’elle réserve aux plus faibles de ses membres. Beaucoup de personnes fragiles interpréteront un éventuel élargissement de la loi sur l’euthanasie dans ce domaine comme une invitation à ne pas se montrer égoïste au point de devenir un fardeau pour autrui. Le risque n’est-il pas grand que beaucoup comprennent une extension de la loi sur l’euthanasie comme « une invitation à en finir », voire comme un « devoir de mourir » ? Mais, selon notre conception, jamais, dans une société authentiquement humaine, l’autre ne peut devenir une charge inutile. Et quand un frère ou une sœur en humanité réclame une attention et des soins redoublés, cette charge supplémentaire sera portée avec amour. Telle doit être la réponse. Une réponse qui témoigne d’une solidarité inconditionnelle. Ce n’est pas la porte de l’euthanasie qui doit s’ouvrir davantage, mais bien celle de la fraternité et de la solidarité.

Les Évêques de Belgique, le 26 février 2015


samedi 21 février 2015

Le Carême avec saint André de Crète

Arcabas -Christ aux outrages
La riche tradition liturgique de l’Orient byzantin nous a laissé des trésors. Tel est le cas du Grand Canon de saint André de Crète (660-740). Il s’agit d’un très long cantique pénitentiel, que le grand théologien orthodoxe Olivier Clément appelait « le chant des larmes ». Il s’agit d’une longue méditation sur les figures bibliques de la pénitence : un parcours très riche à travers toute l’Ecriture.
Dans sa version intégrale, il comporte 250 strophes. Dans l’Eglise byzantine, il est chanté intégralement le jeudi de la cinquième semaine de Carême. Avec les Frères Jean-Philippe Revel et Daniel Bourgeois, le P. André Gouzes en a réalisé une version adaptée pour être chantée à quatre voix chaque matin à l’office de Laudes pendant le Carême. Nous l'avons déjà évoqué ici même.
Le texte complet du Canon, précédé d’une bonne introduction, est accessible sur le site « Pages orthodoxes ».
Voici, dans la version du P. Gouzes, la section qui est chantée en ce premier dimanche de Carême.

Antienne : Gloire à toi, ô Christ, notre Espérance, gloire à toi, Christ notre Salut.

Comme Adam notre Père, je me suis détourné, ô Christ, de ta parole vivifiante,
Et je n’ai pas gardé le commandement de ton amour ;
Aussi ai-je été chassé du jardin du Paradis.

Je viens à toi, ô Christ, qui as combattu pour nous dans le désert :
Conduit par l’Esprit, tu as vaincu le Prince de ce monde ;
Nouvel Adam, tu fais refleurir le désert en Paradis !

Homicide comme Caïn, je suis devenu le meurtrier de mon âme,
Car j’ai souillé mon cœur et ma chair,
Et attenté à ma vie par mes œuvres de péché,

Mais toi, ô Jésus, tu as présenté au Père une offrande pure,
Et ton sang, comme celui d’Abel, a crié justice pour moi,
Quand tu fus immolé sur la Croix.

Sainte Vierge Marie, nous te prions avec confiance,
Toi qui as accueilli dans l’amour Jésus, ton fils, la Loi nouvelle :
Par lui, tu es victorieuse du péché, et tu écrases la tête du serpent.

Bienheureuse et éternelle Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit,
Adorés dans le mystère de l’Amour qui vous unit,
Dieu de miséricorde, donne-moi les larmes et la joie du retour.






mardi 10 février 2015

Le numéro 220 de Bonne Nouvelle paraîtra bientôt



Avec ce deuxième numéro de l’année 2015, nous poursuivons la réflexion sur la famille.
En voici le sommaire:

La famille a de l’avenir. Interview de Dominique Jacquemin, qui enseigne la morale familiale à la Faculté de théologie de l’UCL

Audace de l’Amour. Le billet du fr. Marc Leroy

Dieu est ma force. Alberto Maalouf, jeune leader du Renouveau en France, invite à exercer les charismes

Vivre le deuil d’un enfant. Emouvant témoignage d’une famille après la mort d’un enfant à l’âge de 12 ans

Fidélité à l’amour sauveur. Le sacrement du mariage face à l’échec. Une réflexion du P. Alain Mattheeuws s.j.

Faire communauté. Dominique Lang poursuit sa présentation de saint Augustin « à la rencontre du Maître intérieur »

Pour une Eglise au visage d’Evangile. Jeanne-Marie Mercenier a lu pour nous un livre de Monique Hébrard

Vers Pâques. Le Fr. Laurent nous conduit au fil des textes de la liturgie des dimanches de Carême

Désirs, appétits, besoins. Le billet du fr. André Brombart

Des serviteurs bienveillants. Un texte interpellant d’un auteur chrétien du 11e siècle.

Les comptes rendus de livres

Le calendrier des retraites et activités spirituelles

Merci de votre fidélité à Bonne Nouvelle !


lundi 2 février 2015

La rencontre entre Jésus et son peuple


Homélie du pape François à la messe pour la 18e journée de la Vie consacrée, le 2 février 2014.
            La fête de la Présentation de Jésus au Temple est appelée également la fête de la rencontre (…) Quand Marie et Joseph amenèrent leur enfant au Temple de Jérusalem, eut lieu la première rencontre entre Jésus et son peuple, représenté par les deux vieillards Syméon et Anne.
            Ce fut aussi la rencontre au sein de l’histoire du peuple, une rencontre entre les jeunes et les personnes âgées: les jeunes étaient Marie et Joseph avec leur nouveau-né; et les personnes âgées étaient Syméon et Anne, deux personnages qui fréquentaient toujours le Temps.
            Observons ce que l’évangéliste Luc nous dit à leur propos, comment il les décrit. A propos de la Vierge et de saint Joseph, il répète à quatre reprises qu’ils voulaient faire ce qui était prescrit par la Loi du Seigneur (cf. Lc 2, 22.23.24.27). On saisit, on perçoit presque que les parents de Jésus ont la joie d’observer les préceptes de Dieu, oui, la joie de marcher dans la Loi du Seigneur! Ce sont deux nouveaux époux, ils viennent d’avoir leur enfant, et ils sont entièrement animés du désir d’accomplir ce qui est prescrit. Cela n’est pas un fait extérieur, ce n’est pas pour se sentir en règle, non! C’est un désir fort, profond, plein de joie. C’est ce que dit le psaume: «Dans la voie de ton témoignage, j’ai ma joie (…) Ta loi fait mes délices» (119, 14.77).
            Et que dit Luc à propos des personnes âgées? Il souligne plus d’une fois qu’elles étaient guidées par le Saint-Esprit. Il affirme à propos de Syméon que c’était un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d’Israël, et que «l’Esprit saint reposait sur lui» (2, 25); il dit que «l’Esprit saint l’avait averti» qu’avant de mourir il aurait vu le Christ, le Messie (v. 26). A propos d’Anne, il dit ensuite que c’était une «prophétesse» (v. 36), c’est-à-dire inspirée par Dieu; et qu’elle était toujours dans le Temple «servant Dieu dans le jeûne et la prière» (v. 37). En somme, ces deux personnes âgées sont pleines de vie! Elles sont pleines  de vie parce qu’elles sont animées par le Saint-Esprit, dociles à son action, sensibles à ses appels.
            Et voilà la rencontre entre la Sainte Famille et ces deux représentants du peuple saint de Dieu. Au centre se trouve Jésus. C’est Lui qui anime tout, qui attire les uns et les autres au Temple, qui est la maison de son Père.

            C’est une rencontre entre les jeunes pleins de joie dans l’observation de la Loi du Seigneur et les personnes âgées pleines de joie en raison de l’action du Saint-Esprit. C’est une rencontre particulière entre observance et prophétie, où les jeunes sont les observants et les personnes âgées sont les prophètes!

mercredi 31 décembre 2014

Sainte et heureuse année

Icône copte de la Mère de Dieu
Fête de sainte Marie, Mère de Dieu 
Hymne d’annonce de la fête

 Rayonnement de la Gloire, Image du Père invisible,
Le Fils de Dieu a pris chair dans le sein de la Vierge bénie ;
et le huitième jour, il reçoit dans sa chair
     le sceau de l’Alliance entre Dieu et Abraham son élu.

C’est par Marie, fille de Sion, fille d’Abraham,
     fille de l’attente des patriarches et des prophètes,
que le Verbe de Dieu s’enracine dans l’humanité soulevée d’espérance :
Célébrons cette solennité en l’honneur de la Mère de Dieu !

Par sa virginité, image de l’intégrité et de la virginité inaltérable de Dieu,
Par sa maternité, reflet de la fécondité créatrice de Dieu,
Vierge dans la conception et vierge dans l’enfantement,
Elle est vraiment Mère de Dieu.

Bénie entre les femmes, elle a conçu tout à la fois son enfant et son Dieu
Réjouissons-nous avec elle,
Et que son Fils Jésus nous donne en ce huitième jour de sa naissance,
     d’achever en paix sa fête de lumière,
Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Tiré de la Liturgie chorale du Peuple de Dieu

(Textes de Jean-Philippe Revel et Daniel Bourgeois, et musique d’André Gouzes)