vendredi 15 novembre 2013

Saint-Augustin nous enseigne

L’humilité, voilà notre perfection…(*)
 
Georges de la Tour (1593-1652). Le nouveau-né

Pour Augustin, l’orgueil est la source de tous les péchés. « Les autres défauts, en effet, s’exercent dans les œuvres mauvaises, mais l’orgueil, lui, menace même les bonnes œuvres… » Voici une exhortation à l’humilité, antidote de l’orgueil.

«L’Écriture nous dit: Ce qui est trop difficile pour toi, ne le recherche pas, ce qui est au-dessus de te forces, ne l’examine pas (Si 3,21), c’est-à-dire: ce que tu ne peux comprendre. Que faire, alors? me demandes-tu. Rester tel que je suis? Réfléchis sur les commandements qui t’ont été donnés. Quels commandements? Agis avec miséricorde, n’abandonne pas la paix de l’Église, ne place pas ton espérance dans un humain comme toi, ne tente pas Dieu en voulant accomplir des miracles! Tu reconnaîtras qu’il y a déjà en toi quelque fruit si, avec les bons, tu supportes l’ivraie jusqu’au temps de la moisson (Mt 13,30). Ici-bas, la paille est mêlée au grain, sur l’aire. C’est le temps présent. Réfléchis sur les commandements qui t’ont été donnés.
Mais, lorsque je verrai ce que d’abord je ne pouvais voir, lorsque je comprendrai ce que je ne comprenais pas, serai-je en sûreté? Serai-je parfait? Non. Tant que tu vis ici-bas, c’est non. L’humilité, voilà notre perfection. Vous connaissez les paroles de l’apôtre Paul. Alors, qui oserait croire être déjà arrivé? Paul écrit : Ce vers quoi je cours, je n’estime pas l’avoir déjà saisi. Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse en Jésus le Christ (Ph 3,13-14). Faites comme lui, oubliez ce qui est derrière vous. Je m’élance vers le but. J’entends la voix de Dieu qui vient d’en-haut et je cours afin de saisir le prix. Dieu ne m’abandonne pas en chemin, puisqu’il ne cesse de me parler.»

(Saint Augustin, Commentaire du Psaume 130, 13-14).


(*) Tiré de Une année avec saint Augustin, Ed. Bayard, 2013, 760 p. (20 x 20), 29,90 €.

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